AGRO 5.0: mettre les pieds dans le champ pour créer une technologie opérationnelle
Dans le cadre incomparable de FIMA 2026, nous avons participé à la journée «AGRO 5.0 : Technologie, durabilité et résilience hydrique dans l’agriculture du futur», organisée par ZINNAE en collaboration avec CAMPAG. Un espace pour parler d’innovation, oui, mais surtout d’application réelle et d’opportunités concrètes pour le secteur.
La journée a débuté avec trois cas d’usage particulièrement intéressants portés par des entreprises membres de ZINNAE, démontrant que la digitalisation apporte déjà des solutions concrètes au secteur agroalimentaire.
- Ricardo Forcadel, directeur technique chez Mytruff, a présenté le projet Tecnotruf, en mettant l’accent sur la digitalisation des plantations truffières, particulièrement importantes à Teruel, où se concentre une grande partie de la production mondiale de truffe noire: 70 %! Des capteurs et des données pour comprendre ce qui se passe sous terre et améliorer la gestion des cultures.
- Ángel Martínez, pour sa part, a expliqué comment le projet Invasor-ES aborde la résilience 4.0 face aux espèces invasives telles que la moule zébrée ou l’escargot pomme. Grâce à un suivi basé sur l’analyse par vision artificielle, des données en temps réel sont obtenues, permettant d’agir avec plus d’agilité et de précision et de minimiser l’utilisation de biocides dans les infrastructures hydrauliques.
- Ambvipur, présenté par Cristina Benogechea, travaille à la conception d’une solution numérique pour l’épandage des lisiers selon des critères de biosécurité collective, en misant sur le suivi comme outil pour optimiser les processus et répondre aux exigences réglementaires.
Chez SPHERAG, nous connaissons bien ces défis et participons également à des projets qui font partie de la solution. Notre technologie permet déjà d’optimiser la gestion de l’eau dans les exploitations truffières et les élevages porcins grâce à l’utilisation de données en temps réel. De plus, nous participons avec le CSIC au projet SimZebra, centré sur la détection précoce de la moule zébrée dans les réseaux sous pression, un défi critique pour de nombreuses communautés d’irrigants.
La digitalisation n’est pas une théorie: c’est le terrain, les données et la prise de décision.

Table ronde: bien mesurer pour mieux décider
La table ronde, animée par José Javier Peguero (CITA), a réuni des entreprises du secteur agrotech et de l’eau telles que RIS Iberia, SM Geodim, Canteras de Ejea, Mytruff et Spherag, avec la participation de notre responsable produit, Sara Rodrigo.
À ses côtés intervenaient Luis Alberto Gordo Martínez, directeur commercial et marketing de RIS Iberia ; Salomón Montesinos Aranda, directeur général de SM Geodim ; Jorge Edo Albácar, directeur général de Canteras de Ejea ; et Ricardo Forcadell Pérez, directeur technique de Mytruff.
Mesurer, oui, mais avec un objectif
Un consensus s’est dégagé autour d’un message central : la technologie est infinie et il est possible de tout mesurer, mais tous les utilisateurs n’ont pas besoin d’autant de fonctionnalités ni d’un tel niveau de précision. Nous n’avons peut-être pas besoin de plus d’écrans ni de plus d’indicateurs. Nous avons besoin de clarté. Commencer par un projet qui définit des objectifs réels et, à partir de là, choisir la technologie adéquate.
Les résistances et les freins à la digitalisation ont également été abordés. Dans certains cas, il ne s’agit pas d’un rejet de la technologie, mais d’un rejet de solutions imposées, mal adaptées ou économiquement inaccessibles. Cependant, lorsque la technologie est robuste, simple et réellement utile, la barrière disparaît.
Un autre point a également fait consensus : il ne s’agit pas de dire à l’agriculteur ce qu’il doit faire, mais de lui fournir une information basée sur des données afin qu’il prenne lui-même ses décisions. Écoute active, présence sur le terrain et équipe commerciale comme canal fluide et constant entre l’utilisateur et l’équipe de développement de l’entreprise technologique.
Gestion de l’eau dans les communautés d’irrigants: le défi en suspens
Pendant des années, un effort important a été réalisé pour digitaliser la parcelle agricole, mais lors de la table ronde, le sentiment persistant est qu’un chantier reste en amont : les communautés d’irrigants, les réseaux principaux et les points de livraison. Sans mesure en tête de réseau, il sera difficile d’optimiser l’ensemble.
La technologie est mature ; il est maintenant nécessaire de se concentrer sur des projets bien définis et sur des investissements stratégiques.
Le Canal d’Aragón et de Catalogne, dont la digitalisation a été attribuée à SPHERAG et qui est actuellement en cours de déploiement, marque un tournant. Il s’agit de l’une des communautés d’irrigants les plus grandes et les plus avancées au monde grâce à ce processus de transformation numérique. Des projets de cette envergure confirment l’intérêt croissant du secteur pour la mise en place de systèmes plus efficaces permettant d’économiser l’eau et de faciliter la gestion quotidienne, une dynamique également rendue possible par le financement des administrations publiques.